Céline Heller est Partner Manager chez Google Cloud. Ses batailles ? sa carrière, son équilibre pro et perso, son engagement auprès des femmes. Une inspiration pour celles qui ont envie de mener plusieurs vies de front !

Bonjour Céline, comment êtes-vous arrivée chez Google?

Après mes études, j’ai travaillé dans une filiale de Veolia Transports en tant que responsable communication et j’ai vite pris les sujets internet parce qu’en 2008, personne ne comprenait comment ça marchait et on se tournait, comme aujourd’hui, vers les jeunes. Très vite, j’ai pris des fonctions marketing et je suis devenue adjointe du Directeur Commercial Europe. J’ai ensuite monté des programmes de marketing digital et je suis arrivée chez Google en 2014 pour gérer un écosystème de partenaires intégrateurs.

Un véritable changement de carrière…

 Complètement ! est-ce que j’ai eu de la chance ou est-ce que j’ai créé l’opportunité ? Nul ne sait. Toujours est-il que je me suis retrouvée Partner Manager chez Google, dans le monde de l’informatique, un univers, une culture et des produits que je ne connaissais pas du tout. J’ai changé de vie en fait. Le tout avec 2 enfants et un mari et la volonté d’être à 19h chez moi pour dîner avec eux et profiter de la soirée. Ca a été compliqué au début mais je m’éclate vraiment car j’aime le métier, la culture, les interactions avec les gens… et j’apprends tous les jours parce que c’est un domaine qui change vite.

Vous avez également un engagement associatif fort ?

Chez Google il y a ce qu’on appelle les “20% Project” et dans ce cadre j’ai le lead sur tout ce qui est conception de programmes à destination des associations en France en tant que bénévole. Je suis aussi active dans le réseau de femmes Google et je commence à m’intéresser de très près à ce qui concerne le code et les jeunes femmes pour que la tech se féminise. J’ai lancé un blog empowhering.blogspot.fr où j’interview des femmes inspirantes au quotidien avec l’objectif de transmettre de la confiance. Je leur pose toujours les mêmes questions parce que je suis convaincue que c’est en répétant les choses que ça finit par rentrer !

 

Pourquoi avoir choisi de vous engager pour les femmes ?

J’ai travaillé dans le transport puis dans la tech avec une dominante IT. Le constat est assez simple : on est souvent la seule femme de moins de 40 ans dans une pièce. Mais je pars du principe que si j’y suis arrivée en ne venant pas du tout de ces univers, tout le monde peut y arriver. L’IT est un domaine passionnant, qui bouge très vite et où il y a plein d’opportunités professionnelles mais malgré l’énorme potentiel que ça représente, il y a de moins en moins de femmes dans la tech. A mon échelle, j’essaie de faire bouger les lignes en faisant en sorte que d’autres femmes osent !

Pensez avoir un rôle à jouer pour les futures générations ?

Oui, à mon échelle. J’ai enseigné pendant 2 ans à Sciences Po Paris l’importance de la culture et de l’humain dans la transformation digitale. C’était une super expérience, très riche parce que j’ai transmis autant que j’ai appris. J’estime donc qu’on a toutes un rôle à jouer : il faut transmettre des piliers de référence, surtout dans un monde qui change vite, sans se mettre trop la pression bien évidemment.

Comment trouvez-vous votre équilibre ?

Déjà, j’ai un mari super présent, je pense que toute seule ça ne fonctionnerait pas. Je sais aussi m’organiser, je priorise et ma top priorité ce sont mes enfants. Mon boulot me porte vers le haut parce qu’il m’intéresse et m’offre une vraie autonomie. Cela me permet d’apporter beaucoup à mes enfants malgré la fatigue. Et puis, j’essaie d’articuler vie pro et vie perso de manière souple. Il y a quelques semaines, j’ai monté un atelier d’initiation au code informatique dans l’école primaire de ma fille et au-delà du fait qu’elle était fière et souriante, 100 enfants ont bénéficié de cet atelier et c’est une grande satisfaction.

Avez-vous un role model ?

Pas vraiment de role model mais j’ai des mentors. J’apprends beaucoup en échangeant avec des personnes plus senior que moi. Les discussions que j’ai avec mes mentors m’apportent beaucoup me font grandir. Je n’hésite pas à leur confier mes doutes et ils m’aident à les appréhender dans une relation de confiance.

Quel est votre conseil aux femmes ?

J’ai toujours le même : osez ! C’est très culturel en France de se mettre des barrières parce qu’il faut que tout soit parfait avant de se lancer. Depuis que je travaille dans une entreprise américaine, j’ai totalement adhéré aux logiques de “test and learn”, “test and iterate”, “quick and dirty” : on se lance, et si on échoue on aura appris quelque chose. On apprend plus dans la difficulté que dans le succès. C’est comme pour apprendre à marcher, on tombe et on se relève. Mon conseil c’est : osez, tenez bon dans la difficulté et sachez vous entourer !

 

Vous avez aimé cette interview ? Découvrez le portrait de d’Axelle Tessandier, déléguée nationale du mouvement en marche.