Axelle Tessandier, personnalité inspirante et Déléguée Nationale d’En Marche, est conférencière et fondatrice de AXL Agency, un think tank dédié aux implications sociétales et culturelles de la révolution numérique.

Bonjour Axelle, vous avez travaillé longtemps à San Francisco, pourquoi avoir choisi de rejoindre la France ?

L’année 2015 a été une année charnière pour moi. J’étais au CES (Customer Electronic show) de Las Vegas et pour la première fois après cinq années passées dans la Silicon Valley, j’ai eu envie d’être en France. Beaucoup de choses avaient changé dans mon pays et je m’y sentais davantage à ma place.

Aux Etats-Unis, Trump montait et les inégalités étaient frappantes : imaginez-vous sortir de chez Google après une conférence sur l’immortalité et voir les routes et les écoles publiques endommagées, des gens sans toit partout dans la rue… je ne voulais pas que la France devienne comme ça.

Comment est né votre engagement politique et sociétal ?

Les attentats puis les élections régionales ont été un déclic et j’ai voulu m’engager pour lutter contre la peur, le repli sur soi, les forces conservatrices. Emmanuel Macron m’a convaincue parce qu’il parlait de confiance, au-delà de la droite et de la gauche. J’ai monté AXL Agency à Paris au début de l’année 2016 et Les Jeunes Avec Macron sont venus me chercher pour animer le débat de lancement en mars. J’ai animé le premier grand rassemblement à La Mutualité. C’est là que je me suis engagée : “ce sera mon candidat”. Mon besoin avait rencontré la bonne personne et le bon discours.

Le monde de l’entreprise parle aussi beaucoup d’engagement aujourd’hui…

L’engagement se fait quand nos valeurs rencontrent les valeurs d’un collectif. Pour moi, c’est la bienveillance, l’émancipation de l’individu, la confiance en son destin, la capacité à agir sur sa vie qui crée l’engagement. Je ne crois pas que le politique et l’entreprise aient vocation à faire mon bonheur mais ils ont vocation à créer un contexte qui donne le pouvoir de croire en soi.

Qu’avez-vous ressenti ce 7 mai 2017 ?

C’était un des moments les plus forts de ma vie, un peu surréaliste. J’ai beaucoup pensé aux gens qui avaient voté pour nous, à ces millions de gens qui avaient rejoint ce en quoi on croyait. J’ai pensé au monde qui nous regardait et j’étais fière. C’est incroyable ce qu’on a fait. J’étais envahie par la joie et la
fierté mais honnêtement, j’ai eu du mal à réaliser au début.

Première campagne, première victoire ?

C’est fou. Cela montre bien que l’expérience c’est très important mais l’intuition et la compréhension de son époque sont essentielles. Emmanuel Macron n’a pas seulement rencontré un pays, il a rencontré une époque. Pour moi, c’était l’homme du moment. Nous, David, en un an, on a gagné contre Goliath parce que les femmes et les hommes qui vivent cette époque se sont engagés. C’est un état d’esprit. Je ne crois pas
à la vision qui nous oppose les uns les autres. Je crois à la solidarité nationale.

Faites-vous un parallèle entre votre engagement dans la révolution numérique et celui de « marcheuse » ?

Les startups et « En Marche » sont des outsiders ! Je fais un parallèle dans la mesure où les puissants doivent faire avec les petits : Accor doit s’adapter à Airbnb. C’est une époque où tout va tellement vite qu’il est difficile d’avoir une vraie compréhension des besoins quand on est trop gros. Cependant, les startups doivent aussi arrêter de se considérer comme des prestataires de grands groupes. Il faut faire peur
aux grands groupes.

Enfin si on pense que la révolution numérique c’est d’aller d’un point A à un point B sans sortir sa
carte de crédit, on a perdu. Pour que l’écosystème se développe, il faut que les VCs jouent le jeu et prennent des risques.

Selon vous, les startups ne finiront-elles pas par reproduire les mêmes erreurs que les grandes entreprises ?

Si vraiment David veut innover, s’il veut être plus puissant que Goliath tout en gardant son agilité, il doit casser les codes et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Il faut par exemple plus de diversité et plus de femmes. Ce n’est pas seulement un enjeu social, c’est un enjeu d’innovation car plus la société est inclusive, plus elle est innovante.

Votre conseil aux entrepreneur(e)s ?

Ne pas croire en soi et en son potentiel c’est le péché ultime ! On ose pas dire nos ambitions en France mais il ne faut pas avoir peur d’être très ambitieux et de vouloir changer le monde en commençant même par un petit pas. Si une interview inspire une personne par exemple, on change le monde. Et puis, il ne
faut pas sous-estimer l’importance d’avoir du soutien. Pour moi, la réussite d’un entrepreneur vient de sa persévérance et de son équipe.

Vous considérez-vous comme quelqu’un d’ambitieux ?

Oui! J’ai l’ambition de réussir ma vie. Réussir pour moi c’est faire en sorte que mes talents rencontrent les besoins de mon pays, et mon talent c’est notamment la curiosité et une connaissance de mon écosystème. Et puis si j’ai souvent le syndrome de l’imposteur, j’ai aussi l’obsession de la liberté. Mon ambition c’est d’être toujours passionnée par ce que je fais et de toujours faire quelque chose qui a du sens. Je veux, à
mon échelle, faire en sorte que cette planète soit plus vivable.

J’interviens d’ailleurs comme role model dans plusieurs structures pour aider les femmes à croire en elles. Ne pas aider quelqu’un qui a du talent c’est un péché mortel !

Et qui sont vos rôles models à vous ?

Maya Angelou, Steve Jobs, Sheryl Sandberg qui m’a portée avec son discours à Berkeley sur la résilience. Les artistes comme David Bowie m’inspirent aussi beaucoup et toutes les rencontres que j’ai eu la chance de faire depuis un an. Il faut oser leur dire « Merci » !

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