Ex-directrice de la communication d’Alain Afflelou, Isabelle Farrugia vient de créer sa marque éponyme, et une collection de sacs en python véritable, un luxe désormais accessible et très tendance. Après 30 ans de salariat, cette amoureuse du python naturel a changé de vie à 50 ans et crée sa startup avec un business model efficace et original.

Isabelle, comment fait-on un virage à 360 après 30 ans de carrière ?

J’ai travaillé longtemps dans la communication. J’ai toujours eu une relation très affective avec mon métier et je n’ai jamais compté ni mon temps ni mon énergie, j’ai toujours travaillé comme si c’était pour moi. Mon dernier job a duré 12 ans mais je n’étais plus heureuse. J’ai quitté mon confort, mes repères et je me suis jetée à l’eau. Je ne vais pas vous dire que je n’ai pas eu peur mais je n’ai jamais regretté. Je pense que c’est le meilleur service que je me suis rendu et si j’avais su je l’aurais probablement fait plus tôt.

Si j’avais fait une rencontre, j’aurais pu retourner dans un poste salarié mais, à 50 ans, on nous donne l’impression que c’est terminé pour nous. Je trouve cela étrange parce que les entreprises ont besoin de collaborateurs expérimentés et on est loin d’être fini à 50 ans ! Face à cette réalité de fait, j’ai suivi mon instinct et crée mon entreprise.

Comment avez-vous annoncé à vos collègues, à vos proches ce changement ?

Honnêtement, mes collègues de l’époque rêvaient de partir. Certains ont osé, d’autres non, mais tous ont compris. Mes proches étaient davantage étonnés mais ils m’ont encouragée et ils étaient même admiratifs de ma démarche. Portée par leur bienveillance, je suis partie toute seule à Bali chercher un fournisseur. Je ne savais pas dessiner de sacs mais j’avais découpé des idées dans les magazines et je savais que je voulais un sac pratique, léger, doux et qui ne nécessite pas beaucoup d’entretien. Je suis partie dans un pays que je ne connaissais pas, faire un métier que je ne connaissais pas, avec des gens que je ne connaissais et je suis revenue avec une très belle collection. La cerise sur le gâteau c’est que mes proches ont aimé !

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent créer ?

Je leur dirais de s’écouter, d’oser et surtout d’oser apprendre en faisant. Beaucoup de gens ont des idées mais peu osent essayer de la mettre en application, de se confronter aux obstacles. Quand on fait, on apprend, même quand on tombe. J’ai lancé ma marque de sacs alors que je n’avais aucune expérience ni réseau dans la maroquinerie et la mode. Je respecte beaucoup le métier de maroquinier mais ce manque d’expérience qui pouvait être une faiblesse m’a en fait obligée à être plus créative. Le fait d’avoir un oeil neuf et de ne pas faire partie du système nous oblige à ne pas faire comme les autres. Mon point faible de départ est devenu un atout. Ma valeur ajoutée c’est finalement mon inexpérience en maroquinerie et les contraintes de coût sont devenues une force.

Comment avez-vous imaginé vos créations ?

Souvent les femmes ont deux sacs. Un petit sac pour mettre leurs affaires personnelles et une grosse besace lourde et moche pour leur ordinateur et leurs affaires de travail, de sport, etc. J’ai voulu supprimer cette fatalité. En fait, je suis partie de mon usage pour réaliser mes créations. Le résultat c’est qu’il y a plein de petits détails astucieux qui simplifient la vie : dans les besaces, il y a une petite pochette pour ne pas éparpiller ses affaires, il y a un miroir intégré sur le rabat de chaque sac pour rester vigilant sur son maquillage ou son sourire après le restaurant (rires), le portefeuille est très plat pour pouvoir y ranger toutes ses cartes sans avoir d’épaisseur, la trousse à maquillage a un fond pour ranger les pinceaux, etc. Et puis j’ai travaillé avec le photographe de Louis Vuitton sur ma campagne de publicité autour de l’idée #BagIsTheBestMedicine, le # de la marque. Car quand je ne vais pas bien, je m’achète un sac. Certaines préfèrent le chocolat ou les chaussures, moi c’est le sac !

Après, pour ce qui est de la création de la marque, j’ai fait très attention à l’image parce que c’est mon métier et puis j’ai foncé. Je n’ai pas réfléchi, j’ai fait.

Est-ce qu’Isabelle Farrugia est une marque de luxe ?

La matière est luxueuse mais ce n’est pas une marque de luxe parce que je n’en ai pas les codes. En revanche, j’ai soigné la charte graphique et l’environnement produit : carte d’authenticité, kit d’entretien, shopping bag, un sac en tissu… Mes clientes peuvent avoir un petit pull Zara, une très belle veste Dior et un sac en python de chez moi : le mélange, c’est ce qui est génial.

J’ai aussi travaillé l’expérience d’achat en créant un showroom. Le showroom n’a pas pignon sur rue, c’est une adresse qu’on se refile entre copines. C’est un peu le principe des réunions Tupperware ! Je laisse mon numéro de portable sur le site internet et je reçois sur rendez-vous mes clientes. Quand elles viennent avec des amies, elles obtiennent une remise. C’est une autre manière de consommer et cela me permet d’avoir un retour direct des clientes pour toujours améliorer mes produits. Je les reçois avec un petit café et on prend le temps de discuter et d’essayer.

Le python est une matière qui doit être touchée et un sac, c’est intime, il doit être essayé. Il y a un sac pour chaque femme et pour chaque moment de vie : le weekend, le soir, la semaine de travail… 50 couleurs au choix et un service de demies mesures pour personnaliser les couleurs et avoir une pièce unique. J’ai aussi développé une gamme de petite maroquinerie donc si on ne craque pas pour un sac, on peut craquer pour une trousse à maquillage ou un portefeuille. Mes modèles plaisent et j’ai la chance de pouvoir dire que je n’ai pas de SAV, je n’ai eu qu’un seul retour à ce jour.

Et la suite ?

Dans mes rêves les plus fous, je voudrais deux choses : faire une collection capsule avec une jolie marque qui souhaiterait travailler cette matière magique qu’est le python véritable et puis pourquoi ne pas prolonger la marque … et travailler d’autres matières !

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Pour découvrir la collection : www.isabellefarrugia.com
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Vous avez aimé cette interview ? Découvrez le portrait de Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de La Journée de La Femme Digitale, fondatrice de l’’agence de communication digitale the bureau et du #JFDConnect Club!

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