Ambassadrice des champagnes de terroirs et d’auteurs, Fanny Heucq a créé Dilettantes, la première Maison de Champagne de la capitale. Epicurienne et très active, cette fille de viticulteur est également à la tête d’une grande famille de 4 enfants.

Fanny, comment une femme s’impose-t-elle dans le milieu du vin, encore très masculin ?

Le vin, c’est un métier très difficile et culturellement, c’est un domaine dans lequel les femmes ne sont pas attendues. En réalité, c’est avant tout un métier d’entrepreneur, de chef d’entreprise. Il faut pouvoir porter plusieurs casquettes : travailler la vigne, vinifier, vendre, manager…

Heureusement il y a quand même quelques femmes dans le milieu et de plus en plus, mais elles n’ont pas la vie facile ! Une productrice avec qui je travaille me racontait comment son père ne l’avait pas laissé reprendre le domaine familial parce qu’elle était une femme. C’est en train de changer mais une femme doit prouver davantage, convaincre de sa crédibilité, être encore plus persévérante.
Moi-même au début, j’ai dû faire mes preuves. Ce qui m’a aidé à ce moment-là de l’aventure, c’est le fait de venir d’une famille de vignerons. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et c’est plutôt un avantage d’être une femme pour moi : cela ajoute de l’exceptionnel et l’image féminine de Dilettantes attire les gens. J’ai aussi pris le parti d’embaucher des femmes.

Finalement, être une femme est devenu un atout.

Y a-t-il des solidarités particulières entre femmes dans ce métier ?

Je connais très peu de femmes entrepreneures dans le champagne mais des groupes commencent à se créer. Je pense notamment au club Les Fabuleuses, dont la vocation est de promouvoir le champagne de vigneronnes. D’autres réseaux existent pour faciliter les rencontres entre restauratrices, chefs et vigneronnes. Quand on y pense, c’est assez logique finalement de nous entraider : quand on est une femme chef par exemple, ça a du sens de promouvoir le travail d’autres femmes en mettant à sa carte des champagnes de vigneronnes… surtout à l’heure du storytelling !

Pourquoi avoir choisi de mettre en lumière les champagnes d’auteur ?

Sur le marché français, on prend progressivement conscience qu’il y a une grande richesse dans les champagnes de terroirs et de vignerons. Si elles représentent toujours un repère pour les consommateurs, les grandes maisons ne sont plus seules sur le marché. J’ai choisi de mettre en avant des femmes et des hommes qui travaillent le champagne de terroirs mais je sais que c’est grâce aux grandes marques que le champagne a pu s’exporter et rayonner dans le monde entier. Aujourd’hui, les vignerons qui font des produits d’exception avec de toutes petites productions, en travaillant les sols, en mettant beaucoup de valeurs ajoutées dans leurs produits. Ils exportent et trouvent leur marché aux Etats-Unis et au Japon notamment. Je trouve cela important que les Français aussi se rendent compte que ces produits sont d’une qualité exceptionnelle.

Le champagne et les femmes, une grande histoire ?

Le champagne, c’est l’alcool des femmes depuis l’origine, on le voit bien sûr avec La Veuve Cliquot, et tout le monde a en mémoire l’image de Marilyn Monroe prenant des bains de champagne. Plus récemment, Amélie Nothomb en a parlé dans tous ses livres. Il y a d’ailleurs une citation que j’aime particulièrement : “Il existe un instant entre la 15e et la 16e gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate”. Le champagne, c’est toute une histoire : les femmes en boivent plus que les hommes, l’aiment plus que les hommes et surtout se plaisent à dire qu’elles l’aiment encore davantage !

Rendez-vous vite chez Dilettantesau 22 Rue de Savoie, 75006 Paris, pour découvrir la première Maison de Champagne de la capitale, un lieu unique dédié à la dégustation et à la mise en lumière du travail des plus grands vignerons français.

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