Eve Chegaray co-anime la BFM Académie, un concours pour les entrepreneurs diffusé sur BFM Business, et accompagne les dirigeant(e)s de grands groupes comme de startups dans leur prise de parole médiatique. Animatrice et coach en communication, Eve Chegaray est aujourd’hui l’une des personnalités féminines les plus en vue de l’écosystème business.

Eve, comment est née l’idée de la BFM Académie ?

Quand j’ai commencé à accompagner les startups, j’ai été impressionnée par ces profils. Je trouvais qu’on ne mettait pas assez en avant ces nouveaux héros dans les médias. Je rêvais d’une émission qui leur donne la parole, qu’on a ensuite travaillé en équipe pour que ce soit vraiment intéressant pour le grand public. Nous avons été les premiers sur ce créneau.
Il y a 10 ans, les startuppeurs n’étaient pas obligés de communiquer. Aujourd’hui, la question ne se pose plus. Certes, c’est un peu fatiguant en période de levées de fonds, mais tout le monde a plaisir à jouer le jeu, à aller sur des plateaux télé, à faire des TedX, etc. C’est un vrai changement et cela signifie que nos enfants vont trouver normal de mettre l’histoire de leurs projets en forme, comme c’est déjà le cas dans les pays anglo-saxons.

Le travail de communication d’un(e) dirigeant(e) de grand groupe est-il différent de celui d’un(e) jeune startupeur(se) ?

Les challenges d’un(e) cadre ou d‘un(e) jeune dirigeant(e) sont sensiblement les mêmes : tu as toujours une personne qui doit faire face à des enjeux spécifiques, qui souhaite obtenir un certain résultat et qui va se demander quel moyen elle/il a pour y parvenir. Le tout dans un contexte donné et avec les codes de son milieu. C’est toujours la même équation. Un cadre essaie d’avoir une vision stratégique de sa carrière et avance par étape. La création d’une startup, c’est un peu la même chose finalement. Ce sont les détails qui vont rendre une histoire singulière.
Et puis la communication, c’est un travail de longue haleine. Passer une fois à la BFM Académie ou dans les médias en général c’est bien, mais multiplier la visibilité médiatique en faisant une belle campagne sur les réseaux sociaux, ça crée des synergies qui génèrent un réel impact. Il faut accepter que ce travail de coaching que je propose se fasse dans le temps, par étape. Dans ce sens, ce n’est pas grave de faire une interview un peu moyenne parce c’est comme cela qu’on apprend. L’apprentissage passe par le ressenti, par l’analyse objective de sa performance et la correction pour devenir meilleur

Tu accompagnes de nombreuses femmes. En quoi transforment-elles aujourd’hui l’entreprise ?

Je pense que les femmes apportent plus d’authenticité au monde du travail. Elles ont cette capacité à occuper des postes importants tout étant un peu plus elles-mêmes et en délivrant une image plus complexe.
Nous recroisons forcément les personnes que nous rencontrons dans notre vie professionnelle et personnelle donc pour capitaliser sur ces réseaux, il est important d’être authentique. Une image trop “fake”, un rôle qui demande trop d’efforts, ne peut pas tenir dans la durée…

L’authenticité serait donc une qualité féminine ?

Les généralités sont toujours gênantes et je ne pense pas que ce soit spécifiquement féminin. Cependant je crois que l’enjeu de la visibilité des femmes dans le monde professionnel, c’est aussi d’autoriser les hommes à être plus authentiques, plus libres. N’oublions pas que les hommes aussi sont oppressés par les modèles dominants !
Comme les startups et les acteurs alternatifs entraînent l’évolution des grandes boîtes – ou encouragent une volonté d’évoluer -, les femmes font bouger les lignes de l’entreprise.

Tu fréquentes beaucoup de femmes, dirigeantes ou startuppeuses, perçois-tu un changement dans la nouvelle génération ?

Un changement radical ! Je me retrouve face à des femmes qui ne sont pas là où on les attend. Elles ne se contentent plus de calquer un modèle masculin ou un modèle de la génération précédente. Elles sont surprenantes d’intelligence et d’audace, mais pas une audace revancharde, au contraire, une façon d’être tellement libérée ! Cela m’émerveille. Elles sont challengeantes et honnêtes, elles proposent de prendre du recul, elles posent les bonnes questions, de manière stratégique et pas du tout convenue. J’ai l’impression que les plus jeunes ne se posent plus la question de leur légitimité. C’est très encourageant !

Quelle est ta perception du réseau au féminin ?

La question des femmes et leur réseau est fondamentale. Cette histoire est en train de s’écrire. De mon point de vue, la multiplication des offres n’est pas un problème, au contraire : il faut de la variété, des réseaux locaux, globaux, métier, par centre d’intérêt, par école, et croiser tout ça.
Il faut juste être prête à donner un peu de temps pour faire des contributions vraiment concrètes parce qu’on va de toute façon recevoir ! On peut voir ces réseaux de femmes comme une occasion d’être entre soi, de manière plus « cool », mais on peut aussi les utiliser comme des leviers stratégiques.

Comment optimiser son réseau ?

Pour bien utiliser son réseau, il faut savoir ce que l’on veut vraiment et cela oblige à penser stratégie ! On apprend à se connaître, à se comprendre et à se faire comprendre. C’est une démarche très intéressante. Les femmes ont une vraie capacité à se mentorer et même à se reverse-mentorer. Peut-être que ce qui a manqué dans la carrière des femmes jusqu’à aujourd’hui c’était une certaine réactivité par rapport aux opportunités qui se présentent. C’est pourtant ça la vraie force du réseau !

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Vous avez aimé cette interview ? Découvrez celle de Myriam Deschamps, coach Talescence!

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