INTERVIEWS 28 août 2017

« Un Café Avec » Servane Magnan

Servane Magnan est PR Manager chez Coca Cola France. Ambassadrice de la marque et du groupe, Servane est une femme influente, experte en stratégies relationnelles et relations médias.

Bonjour Servane. Vous êtes PR manager, parlez-nous de vos marques…

J’aime les marques de luxe mais j’aime également les marques qui font rêver mais qu’on voit tous les jours au supermarché. Les marques comme Coca Cola ou Finley par exemple sont créatrices de lien et c’est ce qui me parle. Elles sont associées à des moments de partage, de convivialité et on peut explorer d’autres territoires. Par exemple, nous nous sommes associés DJ Compositeur Møme pour un titre sur la thématique du voyage, un show case le 15 juin et on l’a accompagné sur certaines dates avec un closing à la fin de l’été à Biarritz. On est dans la musique, les vacances, le chill, un moment entre amis. Coca Cola, Finley – et maintenant Honest dans le bio – représentent un plaisir plus simple, ancré dans la vraie vie.

Comment définiriez-vous votre métier ?

Mon métier consiste à faire le lien entre l’interne et l’externe, faire connaître aux médias, influenceurs et relais d’opinion les campagnes de communication élaborées par nos équipes. Je travaille avec le pôle digital pour la communication de nos différentes marques et je suis en charge de tout ce que les gens disent sur nous, aussi sur des sujets en rapport avec nos actions RSE. Je pense qu’on oublie trop souvent la fonction stratégique des médias managers. On ne se réduit pas à un carnet d’adresses ! On ne se repose plus sur nos amitiés, on propose du contenu, des idées et des actualités en résonance avec les parties prenantes.  Il est important d’être expert sur son sujet mais il faut aussi de s’ouvrir aux autres métiers et ne pas avoir peur d’évoluer au-delà de son expertise initiale. Il ne faut pas forcément rentrer dans des cases.

Le carnet d’adresses reste quand même important pour les RP…

Pour mon métier, oui c’est très important. Mais ce qui l’est encore plus, c’est de connaître les gens car le côté sur-mesure est une valeur ajoutée incontournable. Une stratégie relationnelle c’est comprendre les gens, savoir ce qui les intéresse, savoir comment ils communiquent et par quels canaux. Il faut aussi savoir ce qu’on peut leur apporter, le bon contenu, la bonne mise en relation, leur faire vivre une expérience…

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

Comme pendant mes études aux Etats-Unis, j’aime le côté “vraie vie”. Car comme dans beaucoup de job, il n’y a pas de frontière entre le personnel et le professionnel : on est tous des ambassadeurs et on porte les valeurs des marques pour lesquelles on travaille.

Vous n’êtes donc jamais “off” ?

Non, il n’y a pas de off. C’est pour ça qu’il vaut mieux être authentique !

En tant que femme exerçant un métier relationnel, comment travaillez vous votre image ?

C’est un métier de représentation mais où le relationnel et l’échange comptent avant tout. Je pense que la légitimité vient de notre capacité à adresser le bon message à la bonne personne ce qui traduit tout le travail qui a été fait en amont. Et puis, il faut aussi rester soi-même. Les actions que je mets en place je les porte professionnellement et personnellement parce que je crois en ce que je fais et je m’implique à fond. C’est ce qui me rend crédible.

Avez-vous déjà pensé créer votre propre entreprise ?

J’ai longtemps hésité à créer mon agence mais aujourd’hui cette soif entrepreneuriale je peux l’assouvir en interne en travaillant en équipe, en proposant des projets avec cet esprit intrapreneurial qui est très présent et très encouragé. Je ne pense pas qu’il y ait d’un côté le monde entrepreneurial et les startups et de l’autre côté le monde de l’entreprise. Chacun doit trouver le terrain de jeu qui lui correspond et on peut avoir cet état d’esprit au sein d’équipes et de structures qui existent déjà. Chez nous, il y a du collaboratif, de la bienveillance et un vrai travail d’équipe. L’entreprise me donne les moyens et l’énergie de mettre en place des projets. Finalement, je me dis que l’aventure entrepreneuriale est peut-être trop solitaire pour moi : “Together is always better” !

Quel est votre conseil aux femmes ?

Je pense qu’il faut accepter de ne pas tout réussir. Et pour les choses sur lesquelles on est moins à l’aise, accepter se faire aider, se reposer sur les atouts des autres membres de son équipe parce qu’on ne peut pas être parfaites. Je pense que les femmes ont tendance à s’excuser un peu trop. On a grandi avec des regards sur nous et on a toujours l’impression d’être jugées sur notre apparence, on a peur de ne pas être crédibles. Du coup, on n’hésite à se mettre en avant. Pourtant on a toutes des choses à apporter, il faut arrêter d’avoir peur !

Et puis je pense qu’on est plus fortes avec un réseau. On peut toujours y trouver la bonne personne qui a la bonne compétence pour t’aider à mettre en place ton idée. Avec Le Bureau Cécile Toni et Laurène Bastide par exemple, j’ai mis en place un moment d’échanges avec des femmes entrepreneures au Soft ( lieu évènementiel de Coca Cola >> A découvrir ). Je voudrais faire grandir ce groupe et ce que j’aime beaucoup chez Feminalink c’est cette dimension digitale dont nous devons nous emparer !

Avez-vous un role model ?

La mort de Simone Veil m’a beaucoup attristée. Elle n’a pas eu peur de défendre des idées, d’aller contre son camp et chaque fois qu’on a essayé de l’abaisser, elle est toujours revenue plus forte encore. Dans un autre style, Hilary Clinton non plus n’a pas eu peur de se présenter aux présidentielles américaines. Et puis l’échec est une force si on remonte en selle !

Vous avez aimé cette interview ? Découvrez le portrait de d’Axelle Tessandier, déléguée nationale du mouvement en marche.